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Le déjà-plus et l’à-jamais: la lettre tabucchienne

Perle Abbrugiati

Italies · 2007

doi:10.4000/italies.3713 (opens in a new tab)

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Abstract

L’axe du temps et celui de l’espace se croisent chez Tabucchi au point zéro de l’absence. L’histoire des liens est celle de liens défunts, et l’écriture l’éternel constat que ce qui était n’est plus. Être là, alors que l’autre n’y est plus; penser hier, alors qu’hier a laissé place à aujourd’hui: comment aller au-delà de l’intense, quand le rien l’a remplacé, mais que quelque chose demeure pourtant de cette intensité ? L’écriture de Tabucchi fluctue entre l’irréversible et l’éternel, et la forme qui le traduit le mieux est celle de la lettre, preuve que l’autre est absent et conjuration de son absence. Les narrateurs de Tabucchi prennent une plume imaginaire pour écrire des lettres qu’ils n’enverront pas à des destinataires qui ne sont plus – soit qu’elles soient mortes, soit qu’elles soient parties, soit qu’elles soient devenues autres sous l’effet du temps qui nous emporte et nous change. On étudiera, partout où elles apparaissent mais surtout bien sûr dans Si sta facendo sempre più tardi, ces fausses lettres qui sont des lettres vraies, qui en disant l’absence affirment la permanence.

Abstract licence: CC BY-NC-ND

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